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L’université numérique est en marche

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Un petit passage au Colloque International l’”Université à l’ère du Numérique” qui se tenait à Bordeaux les 10,11 et 12 décembre derniers, a permis d’évaluer l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement supérieur.

Certaines initiatives confirment un changement d’une part au niveau de l’enseignent des disciplines avec le développement de la collaboration et du travail en équipe et d’autre part au niveau de l’administration avec le déploiement d’outils développant l’interactivité entre les différents publics.

Petit poisson seul de l’univers “Grande Ecole de Commerce”, j’ai été un peu déçue du cloisonnement qui semble exister entre les différentes initiatives.

Beaucoup de participants semblaient chercher des solutions applicables à leur cas. En ce qui nous concerne c’était d’avantage le partage d’expérience qui était intéressant, étant donné que l’Ecole a déjà déployé un outil et qu’il s’agit maintenant de développer des services pour la plateforme.

Parlons-en d’ailleurs!

  • Choix d’une plateforme, sur quels critères ? Notre Comité TICE (regroupant le service informatique et la médiathèque ) a posé son choix sur Google Apps pour l’accès distant, pour le travail collaboratif sur les documents, pour la capacité de stockage, pour le caractère évolutif de la plateforme, pour l’interface simple et personnalisable (facteur d’appropriation), pour la gestion d’agendas partagés,… tout cela pour un coût raisonnable.
  • Historique du déploiement : Choix de l’éditeur et déploiement de la plateforme auprès de béta-testeurs dés juin 2008 (certains membres de l’administration de l’école) qui seront prescripteurs par la suite. Septembre 2008, généralisation à l’ensemble de l’administration et du public de l’Ecole, avec un accompagnement ciblé pour l’administration et des formations à l’ensemble des étudiants.
  • Les premiers constats : Appropriation par les étudiants (déjà initialement formés aux outils du web 2.0) des différentes fonctionnalités de la plateforme et développement de nouveaux usages. Utilisation quotidienne par les membres de l’administration qui voient clairement les bénéfices à retirer de cette plateforme.

Difficile de conclure ce billet sans évoquer l’apparition de nouveaux métiers résultants du développement des TIC dans l’enseignement ; Cloudworker, Animateur/trice de communautés, Knowledge Manager.

Ma présentation :

Add comment décembre 15th, 2008

Comprendre les usages et apprendre à intégrer les paradoxes : deux rencontres [épisode 2]

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Tout d’abord Philippe Mallein, sociologue au CNRS qui travaille dans le laboratoire des idées « Minatec Ideas Laboratory », basé au coeur du pôle d’expertise grenoblois « MINATEC » dédié aux micro et nanotechnologies. A l’origine de la méthode CAUTIC (Conception Assistée par l’Usage pour les Technologies, l’Innovation et le Changement), il a fait intervenir une équipe élargie (chercheurs en sciences humaines avec des ingénieurs) dans la conception de produits/services innovants pour donner un nouvel éclairage sur les significations d’usage pour l’usager afin de concevoir un produit/service mieux adapté, d’en évaluer l’impact et de déterminer le sens “social” de ces innovations. Ces travaux ont aussi porté sur les profils d’identités sociales et professionnelles. Pour évaluer les significations d’usage d’une innovation, il faut voir comment l’innovation va être intégrée dans les savoir-faire des utilisateurs ; dans leurs pratiques quotidiennes, qu’elles soient professionnelles, familiales, relationnelles ; dans leur identité sociale et dans son environnement. Je vous recommande vivement de lire ce document intitulé Usages des TIC et signaux faibles du changement social - paru en Mai 2007 mais également celui expliquant la méthode CAUTIC.

Autre rencontre programmée cette fois sur les conseils du premier, car étant originaire de la même région que moi “grand Nord”, il s’agit de Alain Derycke, Professeur des Universités en Informatique, Co-directeur du laboratoire TRIGONE USTL avec comme thématique de rechercheLes usages des activités collaboratives d’apprentissage“. A ce jour, conseiller scientifique pour le PICOM (Pôle de Compétivité des Industries du COMmmerce à Lille et notamment du projet P-learnet. Ce projet se focalise sur les apprentissages humains, formels et informels, au sein des organisations, de la chaîne de valeurs et des clients (BtoB et BtoC). J’ai donc décidé d’assister à la conférence que ce dernier donnait à TICE 2008 (Slides et présentation disponibles comme si vous y étiez !) le 28 octobre dernier à Paris sur le concept d’Intelligence ambiante ou AmI. En quelques Tags : Everywhere ; Everyplace ; Roomware ; Continuité ; Intéraction. La référence sur ce concept ; il s’agit de Rogers Y qui écrivait en 2006 « Nous devons concevoir l’intelligence ambiante comme le moyen d’augmenter l’intellect humain de façon à ce que les gens puissent réaliser de plus grandes prouesses et en étendre leurs capacités à apprendre, à prendre des décisions, à résoudre des problèmes complexes”. En fait l’intelligence ambiante regroupe un ensemble de technologies partageant des traits communs. Elle est la convergence de trois domaines :

  • Ubiquitous Computing, qui consiste à intégrer des microprocesseurs dans les objets de la vie quotidienne.
  • Ubiquitous Communication, qui permet à ces objets de communiquer entre eux et avec l’utilisateur.
  • Intelligent User Interface qui permet aux usagers de contrôler et interagir avec ces objets de manière intuitive.

Dans mon prochain billet (dernier de la saga), je vous exposerai ce que toutes ces discussions et la prise en compte de ces concepts pourraient apporter à l’univers de la bibliothèque : article prospectif …la science fiction appliquée à l’univers de la bibliothèque ? Non…pas si futuriste que cela vous verrez :-) !

Si vous avez raté le premier épisode de la saga c’est ici !

Add comment novembre 10th, 2008

Comprendre les usages et apprendre à intégrer les paradoxes [Episode 1: Constat]

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Lorsque je me suis rendue à FAN 2008 - Le Forum des Acteurs du numérique les 7-8 octobre dernier [ Salon des professionnels de la gestion de contenu, des flux, de l’éditique et du document numérique ] c’était en fait pour participer à la conférence débat sur les enjeux de l’économie numérique et de la société du savoir sur le thème « L’économique du numérique dans la société de l’intelligence » : débat 1 : L’économie du numérique et l’obligation d’innover et de rechercher ?

Etant donné que les Geemiks réfléchissent à comment favoriser la co-construction de savoir, amener les membres d’une même communauté à créer une base de connaissances et à terme à développer une “intelligence collective”” , il était intéressant d’assister à ce débat et de valider son intérêt pour notre réflexion.

Je suis repartie de cette conférence dans mon grand Nord en ayant fait un constat, deux belles rencontres et bien plus résolue que jamais à œuvrer à l’intégration et au développement de nouvelles approches dans notre secteur d’activité, dans notre projet et pour la vision de notre métier en tenant compte des paradoxes !

Comme ce billet a vite pris de la longueur tant j’étais inspirée par le thème, je vous propose donc un feuilleton avec trois épisodes sur “Comprendre les usages et apprendre à intégrer les paradoxes pour développer la co-construction de connaissances”.

Tout d’abord le constat qui est en lui même un paradoxe…

Lorsque vous visitez ce salon très high tech, vous découvrez 120 exposants qui vous proposent de numériser, stocker, archiver tous les documents de l’entreprise, de gérer l’immatériel, d’identifier les processus de production et de capitalisation de la connaissance de l’entreprise. J’imagine bien ce qu’est l’intérêt de toutes ces solutions : stockage et traitement des données, capitalisation et mise en valeur. Il y a cependant un frein important à leur développement et leur adoption à terme dans un plus grand nombre d’entreprises car il s’agit à présent de faire évoluer et adopter de nouveaux modes de travail et d’appropriation des connaissances dans l’entreprise.

Aujourd’hui l’enjeu n’est pas tant d’investir dans un système de gestion électronique de documents mais bien de développer la création de nouvelles connaissances à partir des données collectées dans l’entreprise. Donner du sens aux données, contribuer à la construction de nouvelles méthodes, connaissances, au développement de nouveaux usages, de favoriser le développement de nouvelles idées; d’apprendre à les partager et à les échanger. Il en va de notre capacité à innover.

Nous sommes donc dans un mouvement de “production coopérative”. La construction d’une société de la connaissance suppose des producteurs individuels. La connaissance doit être ouverte et partagée. C’est un nouveau modèle économique où l’on passe d’un objectif de vente de produits à la vente de services. Comme on peut accéder nous-mêmes à l’information (via les moteurs de recherche, widgets), que les modes de lecture tendent à se modifier (utilisation des flux) et il s’agit ici à présent de favoriser la co-construction de cette connaissance. La chaîne de production du savoir se trouve transformée. La force productive devient la coordination. Selon Hervé Le Crosnier, dont je vous recommande les écrits et les interventions pour développer une nouvelle vision de notre métier “Nous sommes passés à une société de l’abondance car basée sur l’intelligence pour produire des biens immatériels et non plus uniquement sur la sueur pour produire des biens matériels… à condition que chacun soit en mesure d’exprimer son intelligence“.

Si on veut construire de la connaissance : on doit partager, collaborer et échanger. Les êtres humains cherchent à innover « l’instinct de vie » évoqué par Bernard MARIS en introduction de ce débat mais aujourd’hui, le développement technologique ne suffit plus pour innover. Il faut associer des individus avec des intérêts, des compétences étendues pour co-innover. On doit placer l’humain au cœur du processus.

Prochain épisode [Comprendre les usages et apprendre à intégrer les paradoxes pour développer la co-construction de connaissances : deux belles rencontres]

Add comment octobre 22nd, 2008


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