Comprendre les usages et apprendre à intégrer les paradoxes [Episode 1: Constat]

22 octobre 2008

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Lorsque je me suis rendue à FAN 2008 - Le Forum des Acteurs du numérique les 7-8 octobre dernier [ Salon des professionnels de la gestion de contenu, des flux, de l’éditique et du document numérique ] c’était en fait pour participer à la conférence débat sur les enjeux de l’économie numérique et de la société du savoir sur le thème « L’économique du numérique dans la société de l’intelligence » : débat 1 : L’économie du numérique et l’obligation d’innover et de rechercher ?

Etant donné que les Geemiks réfléchissent à comment favoriser la co-construction de savoir, amener les membres d’une même communauté à créer une base de connaissances et à terme à développer une “intelligence collective”” , il était intéressant d’assister à ce débat et de valider son intérêt pour notre réflexion.

Je suis repartie de cette conférence dans mon grand Nord en ayant fait un constat, deux belles rencontres et bien plus résolue que jamais à œuvrer à l’intégration et au développement de nouvelles approches dans notre secteur d’activité, dans notre projet et pour la vision de notre métier en tenant compte des paradoxes !

Comme ce billet a vite pris de la longueur tant j’étais inspirée par le thème, je vous propose donc un feuilleton avec trois épisodes sur “Comprendre les usages et apprendre à intégrer les paradoxes pour développer la co-construction de connaissances”.

Tout d’abord le constat qui est en lui même un paradoxe…

Lorsque vous visitez ce salon très high tech, vous découvrez 120 exposants qui vous proposent de numériser, stocker, archiver tous les documents de l’entreprise, de gérer l’immatériel, d’identifier les processus de production et de capitalisation de la connaissance de l’entreprise. J’imagine bien ce qu’est l’intérêt de toutes ces solutions : stockage et traitement des données, capitalisation et mise en valeur. Il y a cependant un frein important à leur développement et leur adoption à terme dans un plus grand nombre d’entreprises car il s’agit à présent de faire évoluer et adopter de nouveaux modes de travail et d’appropriation des connaissances dans l’entreprise.

Aujourd’hui l’enjeu n’est pas tant d’investir dans un système de gestion électronique de documents mais bien de développer la création de nouvelles connaissances à partir des données collectées dans l’entreprise. Donner du sens aux données, contribuer à la construction de nouvelles méthodes, connaissances, au développement de nouveaux usages, de favoriser le développement de nouvelles idées; d’apprendre à les partager et à les échanger. Il en va de notre capacité à innover.

Nous sommes donc dans un mouvement de “production coopérative”. La construction d’une société de la connaissance suppose des producteurs individuels. La connaissance doit être ouverte et partagée. C’est un nouveau modèle économique où l’on passe d’un objectif de vente de produits à la vente de services. Comme on peut accéder nous-mêmes à l’information (via les moteurs de recherche, widgets), que les modes de lecture tendent à se modifier (utilisation des flux) et il s’agit ici à présent de favoriser la co-construction de cette connaissance. La chaîne de production du savoir se trouve transformée. La force productive devient la coordination. Selon Hervé Le Crosnier, dont je vous recommande les écrits et les interventions pour développer une nouvelle vision de notre métier “Nous sommes passés à une société de l’abondance car basée sur l’intelligence pour produire des biens immatériels et non plus uniquement sur la sueur pour produire des biens matériels… à condition que chacun soit en mesure d’exprimer son intelligence“.

Si on veut construire de la connaissance : on doit partager, collaborer et échanger. Les êtres humains cherchent à innover « l’instinct de vie » évoqué par Bernard MARIS en introduction de ce débat mais aujourd’hui, le développement technologique ne suffit plus pour innover. Il faut associer des individus avec des intérêts, des compétences étendues pour co-innover. On doit placer l’humain au cœur du processus.

Prochain épisode [Comprendre les usages et apprendre à intégrer les paradoxes pour développer la co-construction de connaissances : deux belles rencontres]

Dans : Contribution

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